Copie de Blogue ELECTIONS 2018 1

Par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets.

La plateforme électorale du Parti progressiste-conservateur (PC) fut présentée au public tout récemment, faisant du PC le dernier parti à s’exécuter. Le document, intitulé «Il est temps d’obtenir des résultats» (du moins, je crois que ce soit son titre; il y a énormément de texte en gras sur la page couverture) fut mis en ligne le 11 septembre (PCNB).

Et en fait d’éducation postsecondaire, trois actions sont proposées:
  • examiner la possibilité d’abolir le programme de droits de scolarité gratuits (DSG) pour rétablir les crédits d’impôt abolis lors de sa création;
  • donner accès aux programmes d’aide financière aux étudiant.e.s des collèges et universités privées;
  • améliorer l’accès à l’éducation à distance pour les adultes


Les deux premières mesures sont sensiblement la même. On parle de procéder à une évaluation complète du DSG et des crédits d’impôts qu’il a remplacés, mais il serait naïf de croire le contraire - le but est bel et bien d’abolir le programme libéral. L’histoire de l’évaluation semble être un rempart contre la possibilité que les données sur le DSG ne soient tout simplement pas disponibles tôt dans le prochain mandat. Sans les données, difficile d’évaluer le DSG, et l’action s’en trouverait retardée en principe (FÉÉCUM).

En accordant l’accès aux étudiant.e.s des universités privées en attendant, le PC remplirait la partie facile de sa promesse. Mais quand à combien ça coûterait, pas un mot.

L’intention de Higgs sur le DSG est connue de longue date; il l’a répétée à plusieurs occasions et, par ailleurs, les crédits d’impôt collent de beaucoup plus près aux valeurs du PC que les programmes d’aide.

C’est vrai que le DSG n’aide pas tout le monde, car le programme est fondé sur le besoin financier. De fait, sa création en a frustré plusieurs. Les personnes mieux nanties n’y ont le plus souvent pas accès, ni même au second programme créé par le gouvernement Gallant, pour l’allègement des droits de scolarité pour la classe moyenne (PADSCM). Mais celles et ceux qui récoltent le plus de bénéfices (et le plus rapidement) quand il s’agit de crédits d’impôt ne sont pas les diplômés qui mangent de la misère après les études; il s’agit plutôt des gens qui pourrait probablement s’en tirer avec les moyens à leur disposition.

Calvâse, si on trouvait donc moyen de réduire le coût de la scolarité, on règlerait deux problèmes en même temps!

Ça implique d’augmenter le financement des universités et/ou d’assurer un certain contrôle des fonds publics que ces institutions reçoivent et ça, c’est sans issue car personne n’est prêt à faire confiance à l’autre: les universités blâment le gouvernement (FÉÉCUM) et le gouvernement blâme les universités (FÉÉCUM).

Bref, on ne sait pas exactement sous quelle forme l’aide financière aux étudiant.e.s sera fournie, seulement que cette fois tout le monde y aurait accès sans exception.

Pour ce qui est de l’éducation à distance, à des fins de mise à niveau des compétences, il faudra évidemment remettre les fonds nécessaires aux institutions pour soit ajouter à l’infrastructure en place ou alors réviser l’utilisation qui en est faite pour atteindre les objectifs du gouvernement. À quoi ressemblera la facture? On n’en sait rien.

Reste qu’en somme, y’a pas grand chose à se mettre sous la dent pour le secteur postsecondaire dans la plateforme du PC...

Higgs est décidé de combattre l’adoption d’une taxe carbone dans la province, au point où il a annoncé son désir de faire du scrutin du 24 septembre « un référendum sur la taxe carbone » (CBC). Pour le reste il a mené une campagne qui, jusqu’à date, promet peu et critique beaucoup la feuille de route du gouvernement sortant.

Mais bloquer la taxe sur le carbone, c’est la promesse-phare du PC pour cette campagne: vous aurez sûrement remarqué le petit panneau d’arrêt-stop qui est accroché à plusieurs pancartes de candidats du parti. Bizarrement, ces panneaux qui proposent de stopper « la taxe sur le carbone Trudeau-Gallant » ont le même look que ceux posés quatre ans plus tôt pour stopper l’exploitation du gaz de schiste dans la province. Or, c’est justement le PC qui cherchait à développer au maximum cette industrie à l’époque, ce qui lui a coûté l’élection de 2014.

Reste qu’à part ça, il y a quelques engagements dignes de mention:
  • Réduction du temps d’attente dans les hôpitaux et pour les chirurgies;
  • Permettre l’embauche d’ambulanciers unilingues et les former ensuite;
  • Augmenter le taux de bilinguisme chez les diplômé.es du secondaire;
  • Bâtir une économie bleue (i.e. mieux mettre en valeur nos zônes côtières);
  • « Défendre Énergie Est »;
  • Traiter « les contribuables comme des clients »;
  • Améliorer la transparence du gouvernement;
  • « Établir des augmentations prévisibles du salaire minimum »;


Beaucoup de ce qu’on retrouve dans la plateforme du PC prend la forme de changements dans l’approche, dans la philosophie, dans les objectifs poursuivis par les programmes existants, de même que d’ajouts ou de modifications aux mandats - qui ne sont pas chiffrés dans la plupart des cas, et qui seraient difficilement chiffrables sans qu’on ait une idée concrète au plan de la réalisation. La plateforme n’élabore pas énormément là-dessus.

Le thème qui traverse le document est celui de la responsabilité financière, pour ramener notre province en ligne avec les principes de la saine gestion, pour « vivre avec les moyens qu’on a ». Malheureusement en contexte électoral, ce genre de formule a un une capacité d’attrait limité. Beaucoup de promesses ciblent la population plus âgée qui, justement, affiche des besoins grandissants au même moment où la population active diminue. Or le silence est total sur cette question - et pas seulement du côté du PC. En même temps, le PC se dépeint comme le parti responsable, mais vu le manque flagrant d’attention portée aux coûts dans la plateforme, il y a lieu de se demander s’il ne s’agit que d’un vernis de façade.

Alors à quoi on peut vraiment s’attendre avec tout ça? Encore des bleus.

P.S. En débat électoral au Coude, le 12 septembre, le candidat PC dans la circonscription de Dieppe, M.Pierre Brine, a affirmé qu’il faut rémunérer les stagiaires. Dommage que ça ne soit nulle part dans leur plateforme.

Aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être nécessairement interprétée.

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